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Publié : 29 November, 2023

Visa for Music au Maroc [Reportage de Rita Stirn]



La 10ème édition du festival Visa for Music s’est déroulée du 22 au 25 novembre à Rabat. Quatre jours d’effervescence musicale dans les salles de concert, des débats sur l’évolution de l’industrie musicale, des stands, des showcases, des masterclass, la capitale Marocaine est une plaque tournante de rencontres d’artistes et de professionnels de la musique sur le continent africain. 


  • Par  Rita Stirn-Wagner (Sitanews)

 

L’inauguration de la 10ème édition de Visa for Music connaît une ambiance festive sur le parvis du Théâtre Mohammed V avec une parade carnavalesque de Colombie et une fanfare aux sonorités dansantes. Le public est au rendez-vous et capte le tempo des ambianceurs. 



Ouverture de VFM➡️https://youtu.be/-vJhwrNmW0k



Les six scènes proposées par Visa for Music pour 70 concerts, le Théâtre Mohammed V, la Salle Bahnini, les deux scènes de La Renaissance, le rooftop Azour et le Crown, offrent une multiplicité de genres musicaux au public. La musique traditionnelle côtoie la musique électronique, les artistes sur scène viennent d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud, des Etats-Unis, du Canada, d’Europe, du Moyen-Orient, et bien entendu du Maroc, le pays hôte. 

 

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Les performers du continent africain représentent la République Démocratique du Congo (Les Bantous de la Capitale), le Liberia (Tialae), le Cameroun (Zougaa), le Sénégal, le Tchad (Geneviève Matibeye), l’Afrique du Sud (Ubuhle Bendaho, Zinhle Madela), l’Ethiopie (Hibotep), le Nigeria (Adedeji), la Tanzanie (SinaubiZawose & Pamoje), le Burkina Faso (Aboubakar Traoré), la Mauritanie (Ziza Youssouf). 



 Prestation de Zougga➡️https://youtu.be/CwcDoA33lJg



Une mention spéciale a été attribuée aux Bantous de la Capitale qui se sont vu décerner un prix remis par Visa for Music pour la longévité de leur formation et leur engagement dans la transmission du patrimoine musical aux jeunes générations de musiciens.  Un grand nombre de concerts sont aussi des fusions musicales d’un continent à l’autre ou de la rive nord de la Méditerranée à la rive sud.

 

Visa for Music, c’est aussi un forum de quinze conférences qui réunissent des acteurs internationaux de la culture, comme des représentants de l’UNESCO et du Conseil International de la Musique, des directeurs de festival, des universitaires et des experts musicaux et des artistes. 

 

Certaines conférences incluent des artistes et des experts sur le même panel. Ainsi la conférence intitulée « Que doit le Jazz à l’Afrique ? » a bénéficié de la participation du célèbre bassiste Afro-Américain, Jamaladdeen Tacuma, habitué du Festival gnaoua d’Essaouira. Sa réponse à la question tient en un seul mot, tout. 

 

Selon lui, le Jazz doit tout à l’Afrique et il précise que c’est l’avenir du Jazz que de continuer à être inspiré par l’Afrique. Il le met en pratique en intégrant dans son groupe deux jeunes musiciens marocains, virtuoses du guembri, l’instrument traditionnel des solistes gnaouas et le ribab, instrument très ancien de la musique amazigh du Souss. C’est avec ces musiciens qu’il s’est produit à Rabat pour Visa for Music devant un public enthousiaste.



La performance de La Jagua, Colombie ➡️https://youtube.com/shorts/xxDe0MFOqsE?feature=share

  


         Une autre thématique discutée lors des forums est la place des musiciens émergents dans le monde du streaming et des méga compagnies comme YouTube et Spotify. Que gagne un artiste sur une plateforme de streaming ? Comment intéresser des beatmakers à des rythmes traditionnels africains ? Quelle est l’évolution du statut d’artiste en Afrique ? Comment être musicienne/musicien et gagner de l’argent dans une industrie musicale globalisée ? Le débat reste ouvert.

 

         La scène de la Renaissance révèle deux aspects du paysage musical du Maroc avec le concert de l’artiste camerounaise Zougaa. Elle était accompagnée aux percussions par l’artiste congolais Nsingi qui réside au Maroc et qu’elle a sollicité pour ce concert. Nsingi Kisonga Mazakala est également le président de Liziba, la troupe de danses et musiques congolaises dont l’objectif culturel est la préservation et la transmission du patrimoine congolais au Maroc et ailleurs. Dans la salle se trouvait réuni un public sans frontières et sans âge, qui a joyeusement envahi la scène en fin de concert pour danser aux cotés de Zougaa.

  

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          Qui dit Congo pense à la Rumba et on en revient aux Bantous de la Capitale. Un des intervenants de la conférence qui portait sur la morna du Cap Vert, la toutia des Seychelles et la rumba du Congo estime que l’on devrait parler de la Rumba comme du Jazz, d’un genre musical à part entière.

  

         Vous l’aurez compris, Visa for Music 2023 aura été un périple philosophique sur la question de la préservation et la transmission de la musique, une approche politique sur le message de paix que propose la musique et ses artistes et une expérience émotionnelle de la vibration et du bien-être qu’offre la musique live à son public. 

  

La conclusion de Visa for Music 2023 orchestré par Brahim El Mazned et son équipe, est que toutes les recettes seront versées aux victimes du séisme que le Maroc a connu cette année.


Liens importants :

https://www.pagesafrik.com/eblouissante-prestation-du-mythique-groupe-les-bantous-de-la-capitale-a

www.visaformusic.com

https://jamaaladeenmusic.com

 

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